L’importation et l’exportation de stratégies de construction de savoirs et d’élites d’Etat: la Fondation Ford au Brésil

Apresentada em: Journée d’études “Circulations transnationales et échelles d’analyse”. ENS, Vendredi 23 Mai 2014, 9h-18h, Salles Celan et Beckett,45 rue d’Ulm, 75005 Paris

 

SESSION 4 :  SAVOIRS D’ETAT ET ELITES INTERNATIONALES

Cet exposé portera sur la manière dont certains projets transnationaux sont importés et diffusés avec des valeurs et des cadres de référence suffisamment souples pour être pragmatiquement adaptés aux systèmes locaux.

Pour qu’il y ait une importation de projets, il faut qu’il y ait des exportateurs de projets, de connaissances, de savoir-faire, c’est-à-dire, des agents exportateurs et importateurs disposés à négocier des intérêts communs. Je débute par cette évidence inscrite dans les stratégies de domination hégémonique pour préciser mon but: celui de discuter l’exportation et importation de stratégies de circulation de connaissances d’Etat et de rénovation des élites politiques, par le biais du cas exemplaire des activités de la Fondation Ford au Brésil, dans les années 1960-1970.

Le choix de ce cas spécifique est en raison non seulement des  sommes importantes que la Ford a destinées à la production des connaissances dans le domaine des sciences sociales (13 millions de dollars entre 1966 et 1988), mais aussi du rôle fondamental que la fondation a eu dans la production de connaissances dans le domaine politique et social. Il s’agit d’un effort remarquable que la Fondation a développé dans le programme de formation de nouvelles élites pour un pays en développement, où elle a donné suite à ce quai était déjà en développement par les élites de Minas Gerais, à la Faculté de Sciences Economiques et Administratives. Ce cas met à jour, en particulier, la manière dont se fait la rencontre des agences internationales qui financent la production de la connaissance avec les institutions  avec des partenaires et bénéficiaires nationaux susceptibles  de négocier des objectifs et des projets en commun. Je crois que la discussion de ce cas, dans le cadre de la circulation des connaissances et des élites dans le milieu international peut s’écouler de manière profitable.

 

Je commencerai par les desseins de l’agence de financement et ensuite je présenterai les intérêts des bénéficiaires.

L’entrée de la Fondation Ford dans le scénario international a lieu à la suite de l’acceptation du célèbre rapport Gaither, de 1949, qui avait été commandé pour faire face aux défis de la guerre froide. Les cinq programmes thématiques proposés dans ce rapport[2]  ont conduit les agissements de la Fondation à:

. la formation d’élites intellectuelles et politiques;

. le support aux conceptions de changement qui associent la stabilité sociale aux processus de  modernisation économique, social et comportemental;

. la reconstruction des systèmes d’enseignement et du monde académique au moyen de support à la diffusion d’une culture en sciences sociales qui favorise le travail sur du matériel empirique, au-delà des modèles classiques.

Un tel programme, dans la dynamique de la guerre froide, a été qualifié par Frank Stutton, vice-président de la Division internationale de la Fondation Ford, comme étant une tentative de “changer le cours de l’histoire” (Rose, 2000:91). Affirmation on ne peut plus sincère, étant donné la croyance positiviste de la sociologie dans les années 1950, qui affirmait que la  science sociale était une science précise, munie des moyens pour modifier la réalité.

Deux dynamiques ont contribué au fort investissement de la Fondation au Brésil, déjà dans les années 1960. D’une part, la révolution cubaine,  qui a priorisé les actions menées dans des pays limitrophes, de gouvernements communistes, en Amérique Latine (mais aussi au Moyen Orient et en Afrique), visant à la construction d’un marché international de la compétence de l’Etat, sous l’hégémonie nord-américaine. D’autre part, les discussions au sein de la société brésilienne concernant l’accélération de l’industrialisation du pays, ce qui prolongeait les thèmes de la Commission Mixte Brésil/Etats-Unis (1951-1953) – dont le travail avait contribué à une pratique de gestion et application plus rationnelles des ressources publiques, outre la formation d’une équipe de techniciens brésiliens aptes à mettre au point des projets d’infrastructure, sans affronter  le domaine du développement social et politique.

La Fondation Ford agira exactement dans les domaines non contemplés par la Commission Mixte Brésil/Etats-Unis pour le développement économique[3]: social et politique.

Le bureau de la Fondation Ford est installé à Rio de Janeiro en 1962 et, au départ, il n’y a pas l’intérêt en créer la polémique.  Le actions, de caractère technocratique et apolitique, étaient orientées vers le support à des cours de spécialisation en ingénierie et administration publique et les bourses d’études pour l’agriculture.

Après le coup d’Etat de 1964, la Fondation Ford  s’est détournée du biais économique, infrastructurel et scientifique conventionnel pour se tourner vers financement et la création d’instruments pour développer la recherche et les cours de spécialisation dans le domaine des sciences sociales à travers l’action d’intellectuels réceptifs au financement de support technique, proposé par la Fondation. La création de bourses d’études en science politique, dans d’importantes universités américaines, une discipline  pas encore introduite dans les cours supérieurs brésiliens, a été l’une des grandes actions de la Fondation. Jusqu’alors il n’y avait pas nos plus dans le pays un système de bourses d’études institutionnalisé, qui dirait orienté vers le domaine des sciences sociales. Ainsi, il est important de rappeler les importants dons faits pour la création d’institutions de pointe pour la recherche en sciences sociales: à São Paulo, la Fondations a contribué à la création du Centre brésilien d’analyse et planification (CEBRAP); à Rio de Janeiro, à la création du cours de spécialisation en Anthropologie Sociale au Musée National.

Ainsi, outre inaugurer au Brésil un nouveau modèle qui a fait de la recherche méthodique et systématique une routine du scientiste social, la Ford a eu l’important rôle de soutenir et rendre possible la permanence dans le pays des étudiants de des chercheurs qui, autrement, seraient condamnés à l’exile, étant donné les poursuites, arrestations et tortures pratiqués par le gouvernement militaire, avec le soutient des Etats-Unis. Dans les mots de Peter Bell, représentant de la Fondation à cette époque, l’action était nécessaire parce que:

 

“Le gouvernement militaire a confondu les scientistes sociaux avec les syndicalistes et a limité leur liberté de questionnement, expression et association. La Fondation a  constaté qu’il était insuffisant de présumer que nous étions ‘apolitiques’ ou ‘technocratiques’. Comme organisation transnationale, nous avions l’obligation d’expliciter les valeurs qui orientaient notre concession de subsides et qu’ils étaient nécessaires au progrès des sciences sociales et naturelles. Au même temps, nous ne pourrions pas être partisans (Bell, 2012).

 

Cette orientation coïncide avec celle qui a été menée dans d’autres pays à proximité géographique de gouvernements communistes, comme la Turquie, dont le bureau avait été ouvert deux ans auparavant (Rose, 2003: 72-94). C’est-à-dire: 1) recruter et attirer des étudiants en sciences sociales, en les intégrant aux stratégies promues par le mécène, dans l’espoir qu’ils développent, par la suite, des programmes d’enseignement et de recherche dans leur pays d’origine, sans plus avoir l’intervention de la Fondation; 2) donner de l’assistance au groupe de scientifiques concerné, pour qu’ils puissent créer et développer, dans leur pays, une agence scientifique centrale, à fin de coordonner la recherche scientifique nationale et éviter ainsi la “fuite des cerveaux”. Dans les deux pays, une école d’administration a été le lieu préférentiel choisi pour le recrutement initial: en Turquie, celle de Istanbul; au Brésil, celle de Belo-Horizonte.

L’école choisie au Brésil a été la FACE – Faculté de Sciences Economiques – où il y avait un cours intitulé Sociologie et Politique, lié au cours d’Administration Publique. Comment comprendre les raisons de ce choix, fait au détriment d’autres institutions renommées qui fonctionnaient dans certains centres intellectuels plus connus et plus centraux, comme Rio de Janeiro et São Paulo – dans un moment politique où la Fondation Ford, au Brésil, était perçue comme une espèce d’instrument de l’impérialisme américain” et les étudiants et professeurs qui s’en approchaient étaient vus comme des “abominables” (Miceli 1993; Reis, 2004) ?

Deux éléments méritent une réflexion: 1) Une fondation philanthropique ne distribue pas son argent sans discernement; on sait que la réussite du programme dépend des bénéficiaires. Donc, les actions de la Fondation Ford doivent être perçues vis-à-vis des lutes de concurrence dans le marché national de compétences gouvernementales. 2) Ce qui a mené les étudiants et professeurs de Minas Gerais à accepter l’aide de l’agence philanthropique et comment ils se sont légitimés face aux agents de la Fondation au Brésil.

Dans le choix de la Face, une faculté situé loin du centre culturel et économique du pays, l’histoire de l’institution a été un facteur déterminant. L’école a été fondée en 1941 comme une institution privée, au nom de Faculté de sciences économiques et administratives de Minas Gerais. Jusqu’en 1945, on y a proposé un cours supérieur d’administration et finances qui avait pour but de former des “agents consulaires, des économistes, des financiers, des techniciens pour le service publique et des administrateurs d’entreprises”. A partir de 1945, elle incorpore la Faculté d’économie, administration et finances, annexe à l’Ecole technique de commerce de Belo Horizonte. En 1948, la FACE est incorporé à l’Université de Minas Gerais (UFMG) et, un an après, transformée en établissement fédéral d’enseignement, conjointement avec l’Université de Minas Gerais[4].

Le projet de création a été rendu possible grâce à la participation de toute l’élite culturelle, politique et financière de Minas Gerais, légitimé auprès des hommes d’affaires et syndicats du patronat qui le soutenaient activement. Juscelino Kubstschek, futur président de la République en 1955, participait au Conseil Supérieur, crée en 1946.

La FACE surgit en plein Estado Novo, la dictature brésilienne de 1937-1945, à un moment où l’Etat de Minas Gerais éprouvait un déclin momentanée de son influence dans la fédération. l’Etat de Minas Gerais est réputé comme étant une pépinière de politiques d’envergure national. D’où on a conclu que la faculté intégrait les stratégies politiques de formation de professionnels nécessaires sur le plan national et, conséquemment, une garantie de la position des politiques mineiros auprès des institutions de l’Etat national. A ce moment-là, Getúlio Vargas, le fondateur de l’Estado Novo, cherchait à restructurer l’Etat, professionnaliser le service public et lancer les bases pour l’industrialisation du pays.

En 1952, trois ans après l’intégration de la FACE à l’UFMG, à l’époque de la démocratisation du pays, on a crée le cours de sociologie et politique, lié à celui d’administration publique, quelques mois après la création d’un cours similaire à l’Ecole brésilienne d’administration publique de d’entreprises (EBAPE/FGV), de la Fondation Getúlio Vargas (FGV), une faculté privé de Rio de Janeiro. Mais, différemment du cours de la FGV, qui était orienté à la préparation de cadres mieux qualifiés pour l’administration publique et privée, celui de la FACE était voué à penser l’Etat et la Société à partir d’un abordage plus proche de la sociologie politique.

L’inclusion de la sociologie politique dans une faculté d’économie a représenté  une innovation à l’époque, car jusqu’alors les sciences sociales s’abritaient dans les facultés de philosophie. Les étudiants du cours de sociologie et politique, voisins, dans la FACE, de ceux du cours d’économie, ont été menés à un investissement en économie bien plus grand que celui de ses congénères des sciences sociales des facultés de philosophie. L’initiative contribuerait à l’établissement et à la consolidation d’un ethos de recherche, et à rompre avec la tradition éminemment essayiste des sciences sociales et à s’orienter vers la science plus “exacte” des statistiques, etc. Ultérieurement, le voisinage des économistes viendrait aussi à limiter l’intense influence française exercée dans les cours de sociologie du pays, une influence de base philosophique et marxiste.

L’innovation du cours est due, en grande partie, aux efforts du directeur de la FACE auprès du conseil technique de la Commission mixte Brésil Etats-Unis. Ce directeur avait pour but d’obtenir, via un accord de coopération entre le Brésil et les Etats-Unis – contenu dans le Point IV du Plan Marshall pour l’Amérique Latine – la venue de consultants nord-américains pour contribuer à l’élaboration des cours de pratique et gestion publique. En conséquence, le Brazilian Board of Advisors on Public Administration, a envoyé, en 1953, le professeur Elwyn A. Mauck, de l’Université de Pittsburg, avec un contrat d’un an, pour adapter le Brésil aux concepts des études multidisciplinaires qui étaient développés aux Etats-Unis. Outre un programme pour les cours, ce professeur a dû faire face à deux difficultés: 1) il n’y avait pas d’enseignants avec des connaissances concernant le domaine spécifique de l’administration publique, de la sociologie ou de la politique; 2) il n’y avait pas d’étudiants qui pourraient se consacrer intégralement aux études (Barros, 2013).

Pour faire face à la situation, Mauck a ébauché le programme de bourses d’études da la FACE, mis en œuvre par la direction de la faculté, avec le soutient des patrons et des banquiers de Minas Gerais. La mise en œuvre du système de bourses, avec des élèves à temps complet, permettrait la formation et la reproduction du personnel enseignant (Canedo 2013). Pour Mauck, ce projet a servit de base pour la création de services d’administration publique au Nigéria, à Taiwan, en Corée et en Turquie (Pittsburg Unv. 1968:VIII).

La logique du programme, basée sur le modèle nord-américain, était la suivante: les élèves étaient sélectionnés à partir de critères d’excellence. On leur exigeait un dévouement total, participation aux activités didactiques et la présentation de monographies à la fin de l’année. Ces élèves auraient à leur disposition une bibliothèque avec les classiques de la sociologie et de l’administration, outre des abonnements aux principaux magazines internationaux de la branche. Dans une environnement continu, ces élèves deviendraient la masse initiale pour une spécialisation solide et compétente.

L’efficace du système de bourses s’est avéré avec le recrutement postérieur des anciens boursiers de la FACE par l’ONU, pour un cours de spécialisation à la Faculté latino-américaine de sciences sociales – FLACSO –, au Chili, dont la capitale, Santiago, abritait aussi les bureaux régionaux de l’UNESCO, FAO et OIT. Reçus dans ce centre d’internationalisation, ces étudiants de Minas Gerais ont subit l’influence de différents pays de plus grande tradition de recherche et réflexion, mais avec la prédominance d’une orientation nord-américaine concernée par une articulation entre le travail théorique et la référence empirique, mettant l’accent sur la formation en méthodologie et sur les enquêtes par échantillonnage (Reis, 2001:21-22). Malgré la ” pathologie fatale d’une institution qui réunissait des étudiants de divers pays […] soumis à des idiosyncrasies et névroses des professeurs qui expérimentaient, eux-mêmes, une espèce de situation d’exil” (Reis, 2004:21), ces étudiant sont rentrés à la FACE avec un enthousiasme  renouvelé. Ils y ont assumé des postes de professeur dans le cours de sociologie et politique et ont donné un nouvel élan aux réflexions sur la politique au Brésil, y compris auprès de la Revue brésilienne d’études politiques (RBEP), fondée à la Faculté de droit, en 1956, à laquelle ils ont collaboré. La RBEP publiait des études empiriques et des textes sur des thèmes nouveaux dans le milieu académique brésilien (nature du système de partis, leur finances, comportement électoral, origine sociale des dirigeants, etc.). Unique dans son genre au Brésil de l’époque, cette publication alliait la tradition philosophique et juridique de la science politique française à l’orientation nord-américaine. C’était la plus internationale des revues de sciences sociales publiées au Brésil.

Du point de vue des étudiants du cours de sociologie e politique, il est important de souligner que, en raison du capital social limité et du manque de prestige du cours de sociologie sur le marché, il leur serait difficile de trouver une activité professionnelle hors de l’université, ou bien atteindre de hauts postes dans l’administration publique – qui était préférentiellement ouverte aux héritiers des grandes familles de Minas Gerais. Ces héritiers préféraient la traditionnelle Faculté de Droit, de plus grande valeur sociale pour ceux qui avaient des aspirations à une carrière législative ou, plus généralement, à travailler dans le gouvernement ou s’engager dans les affaires publiques. Une recherche que j’ai menée, entre 1965-1963,  a identifié les diplômés en sociologie  de capital social relativement modeste et surtout sans aucun lien de parenté avec les réseaux des familles d’hommes politiques réputés de Minas Gerais, et qui ont constitué la première génération, dans leur famille, qui a accédé aux études supérieures (Canedo, 2009:41-42). José Murilo de Carvalho, l’un des ces anciens boursiers, et aujourd’hui membre de l’Académie Brésilienne de Lettres et auteur de livres qui ont contribué à la révision totale de l’histoire républicaine brésilienne, donne son témoignage dans l’interview dont un extrait est reproduit ci-dessous:

 

“Je n’avait pas de perspective professionnelle. Pour vous donner un exemple, je n’imaginait même pas qu’un jour je pourrais acheter une voiture. Ma famille avait à peine de quoi tenir avec le revenus de dentiste de mon père. Le phénomène était plus généralisé e se faisait remarquer dans les bals du Diretório Central dos Estudantes. Au moment de la danse, la distance entre les jeunes filles et jeunes hommes était définie à partir de la réponse donnée à une question inévitable qu’elles posaient tout de suite: “quel cours faites-vous?”. Si la réponse était sociologie politique, ou un autre cours de peu de prestige, la distance imposée par fille augmentait et, peu après, elles s’excusaient et retournaient à leurs chaise, pour attendre d’avoir un meilleur parti. Ceux qui voudraient avoir un meilleur sort, devraient répondre ingénierie, droit ou économie. Dans ce cas, elles se collaient (Carvalho, 2010:228).

 

Beaucoup d’entre eux ont rejoint des groupes de gauche et ont ainsi été profondément affectés par la répression politique, après le coup d’Etat de 1964, quand ils étaient déjà des professeurs de la FACE. Comme pour la plupart des brésiliens, ils ont été pris de court par le coup militaire, “comme si le ciel nous tombait sur la tête […]. Nous errions dans les rues de Belo Horizonte, tandis que les étudiants de droite circulaient armés, dénonçaient leurs collègues  et procédaient à des arrestations” (Paiva, 2010:228).

C’est dans cette faculté de sciences économiques et à ce moment politique que Peter Bell, le représentant de la Fondation Ford au Brésil, a trouvé un terrain favorable à ses desseins: non seulement bâtir une science rigoureuse de la société, mais aussi cultiver des vertus civiques indispensables à la construction d’un marché international de la compétence d’Etat, sous l’hégémonie américaine. La décision d’encourager la création d’un secteur de sciences politique dans l’UFMG aide à comprendre la stratégie de long terme de la Ford: investir en quelque chose de nouveau, en une discipline encore inexistante au Brésil, avec un fort soutient d’une université reconnue et capable de préparer ses élèves pour chercher des solution à l’obstruction du développement. Ceci explique  le manque d’intérêt, de la part de Bell, pour la sollicitation financière de l’USAID pour un projet d’études du Centre d’Etudes et de Recherches dans l’Enseignement du Droit – CEPED – en vue d’une réforme de l’enseignement juridique.

 

” As with housing, it can be easier to build from scratch than to restructure a pre-existing but outmoded building. Reforming legal education meant changing well-entrenched institutional practices and cultures—no easy task, as the Foundation and CEPED would discover. […]  I had some inkling of how difficult it might be for a small center–outside of any law school and without strong university support–to bring about the far-reaching reform of legal education; but in retrospect we failed to appreciate what a slow, uphill climb it would at best be (Bell, 2010:13).”

 

Le secret de la mission d’exportation de Peter Bell a donc été de faire valoir la capacité opérationnelle installée pour créer des institutions innovantes. Pour le soutient à l’importation de la science politique, au singulier, comme discipline spécialisée dans l’analyse de l’espace public, on a fait valoir, tout d’abord, les cours de sociologie politique de la UFMG, l’appui institutionnel du recteur Orlando de Carvalho, le créateur et éditeur de la RBEP, et un groupe de sociologues avec une expérience internationale acquise dans les études de spécialisation au Chili et une formation sociologique plus proche des sciences sociales américaines que de l’orientation française, qui était celle suivie dans les écoles de São Paulo et Rio de Janeiro, dont les études politiques étaient liés à la réflexion sur le droit constitutionnel, à l’analyse de certains phénomènes sociaux et à l’économie politique (Arruda, 1989 ; 2004). Des raisons plus que suffisantes pour que la Fondation amasse des ressources  pour la création du secteur de science politique, le premier du Brésil, sous l’égide du rectorat, qui propose des bourses d’étude, dans le système de spécialisation nord-américain, à une génération de spécialistes ambitieux et au courant des directions théoriques de pointe de l’époque et qui expérimentaient “la sensation qu’il n’y avait rien avant nous, que tout devait être réinventé et recréé” (Schwartzman, 1997).

La rencontre de la Fondation Ford avec les anciens boursiers de la FACE a donné des fruit de haute qualité, compatibles avec l’investissement fait des deux côtés: les boursiers se sont imprégnés de culture libérale et légaliste des universités américaines et, à partir des forts liens qui s’y sont établis, ont crée un réseau d’anciens élèves et de collègues qui finalement est devenu mondial, après que ce réseau a rayonné dans les principaux centres académiques et politiques brésiliens. Quand les anciens boursiers sont revenus des Etats-Unis, dans les années 1970, ils ont introduit la science politique dans l’enseignement supérieur, dans les centres de recherche, dans les institutions d’Etat et dans les marchés de consulting, donnant ainsi origine à de nouveaux modèles d’interprétation de la réalité nationale. Avec le support financier suivi de la Fondation Ford, ils ont créé des programmes pionniers de spécialisation en politique à l’IUPER, lieu d’origine de la revue Dados: Revue de sciences sociales (1966), qui a été internationalisée par ce groupe de sociologues de Minas Gerais, présents au conseil d’édition, devenant ainsi la grande référence dans son domaine. Ils ont contribué encore à la création de l’Association nationale de spécialisation en sciences sociales, l’Anpocs, en 1977, où ils travaillé activement dans la création de groupes de travail sur les partis politiques, le comportement électoral, les problèmes d’institutionnalisation politique, innovant dans les études sur l’autoritarisme et l’inégalité social, thème des thèses qu’ils ont défendu aux Etats-Unis. Lors qu’elle a été crée, la FINEP – Financement des études et projets scientifiques et technologiques –, sous la houlette du ministère du Plan, remplaçant ainsi la Fondation Ford comme agence de financement des nouvelles formations doctorales et des projets de recherche en sciences sociales, la présence de ces boursiers dans cette agence n’a pas assuré que le financement des programmes de spécialisation, mais aussi celui des autres projets de grande portée dans le domaine, comme la modernisation des Archives Nationales et le partenariat  avec le Centre de recherches et documentation en histoire contemporaine (CPDOC), celui-ci aussi financé par la Fondation Ford, pour la création de la première histoire de la science au Brésil (Schwartman, 2009; Brockmann, 1993). Au sein du comité du CNPq (Conseil National de Développement scientifique et technologique) leur participation est remarquable dans le montage du système de support aux publications scientifiques (Schwartzman, 2009).

Un large nombre de ces anciens boursiers  a intégré le gouvernement Fernando Henrique Cardoso – lui-même un sociologue diplôme de l’Université de São Paulo, mais qui en a été évincé par le régime militaire et qui a été bénéficiaire de l’aide de la Fondation Ford en 1969, pour la création du CEBRAP (deux millions deux cents milles seize dollars), qui est aujourd’hui une référence dans la production de connaissances de pointe dans les différentes sciences sociales, il fonctionne comme un forum pour les débats sur les grands problèmes nationaux. Ces anciens boursiers ont été appelés par le président pour devenir ses principaux assesseurs pour les politiques d’Etat innovantes menées dans la période. Parmi les réformes auxquelles ils ont participé, il en ressort celle du système statistique de l’IBGE, une institution qui regroupe les indicateurs et les informations pour le gouvernement et pour la population, responsable de la réorganisation de l’impact des services sociaux fournis par le gouvernement, l’éducation de base et l’assistance à la santé publique et principalement les bénéfices de la sécurité sociale et le payement des pensions (Schwartzman, 2009). Ceci a rendu possible l’impact redistributif des programmes sociaux publics mis en œuvre dans cette période, en particulier dans le domaine de la politique de combat à la pauvreté, qui a été menée par l’un des ces anciens boursiers de la Ford, Vilmar Farias, relatives  aux institutions du système de protection sociale: l’élaboration du “réseau de protection sociale du gouvernement”, qui avait pour but de combattre la pauvreté dans les villes de bas taux de développement humain (DH). Ce programme a inauguré, au Brésil, la politique sociale de transfert monétaire aux individus ou aux familles de plus bas revenus, destiné à les protéger dans les différentes circonstance de risque et vulnérabilité sociale.

J’espère que le commentaire de ce cas puisse contribuer aux discutions sur l’exportation et l’importation de connaissances dans un monde globalisé, qui est un phénomène de difficile mensuration, inscrit dans les stratégies de double jeu, avec des résultats qui se manifestent à des intervalles et mises aux point institutionnelles qui confirment des épisodes plus ou moins longs d’affrontements, “amortis dans les guerres de palais” (Dezalay, 2002). Ce sont des épisodes si sensibles et controversés, comme le support de la Fondation Ford à l’institutionnalisation des sciences sociales au Brésil, qui ont abouti à des résultats inouïs dans les domaines scientifique et social.

 

 

 

 

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SOUZA, Herbert. Entrevista,  Teoria e Debate, nº 16, outubro/novembro/dezembro 1991.

SUTTON, Francis X. The Ford Foundation: The Early Years. Daedalus, Vol. 116, Nº. 1, Philanthropy, Patronage, Politics (Winter, 1987), pp. 41-91.

 

Quelques anciens boursiers de la Fondation FORD issus de la FACE, et influence sur divers espaces sociaux et politiques

 

NOM Présence dans la vie académique nationale Présence dans des associations Participation à des organismes publics nationaux Participation à des organismes internationaux Présence dans des Académies
Simon Schwartzman -Directeur de l’Institut Américain de Recherches sur le Brésil (AIR Brasil)

-Directeur de Groupes de Recherche sur l’Enseignement Supérieur à l’USP,

-Membre de l’Institut International de Statistique

-Membre de nombreux comités éditoriaux de revues scientifiques

 

– Président de l’Associação Brasileira de Sociologia

– membre de l’Associação Intern. de Sociologia

Président de la FINEP* -Président de l’IBGE*

-Rapporteur à la Commission Présidentielle pour l’org. système éducationnel

-Leader du groupe de travail du MinC pour la politique, secteur science et technologie

-Coordinateur projet d’éducation de l’UNESCO pour AL (OREALC)

-Président de l’American Institute for Research

-AIR Brasil

Académie brésilienne des sciences
Fabio Wanderley -Cofondateur du DCP/UFMG

-Chercheur invité CEBRAP

-Comité éditorial CNPq-FINEP

 

– Cofondateur de l’ANPOCS

– Président ANPOCS (1981-82)

 

FAPESP*

CNPq*

EAPERJ*

CAPES*

FINEP*

-Conseil directeur Consórcio de Estudos Urbanos de la Fondation FORD

-Membre de la Commission d’Evaluation InterAméricaine Foundat.

 
Bolivar Lamounier -Directeur président de l’IDESP

-Directeur CESOP/UNICAMP

-Comité éditorial CNPq-FINEP

Cofondateur de l’ANPOCS

 

-Membre de la Comisión Afonso Arinos, (1985), para preparacion de un ante projecto de la constitución.

-Coordinateur del programa de estudios sobre la revisión constitucional en el IEA/USP (1992)

– Membre de la Comisión Consultativa sobre Reforma del Estado (1996)

-Présidence du conseil délibératif de la CARI : Brésil

Membre de l’Inter American dialogue

(USA)

Membre du conseil consultatif du Club de Madrid.

Académie paulista des Lettres
José Murilo de Carvalho -Chercheur Casa Rui Barbosa

– Chercheur CPDOC

-Coord. Mestrado DCP/UFMG

– Membre Conselho Pós-Graduação /UFMG

– Coordinateur de la Pós-Graduação en Histoire Sociale UFRG

Conseiller de la SPBC -Membre Conseil Consultatif –FINEP

-Membre Conseil Délibératif-CNPq

Membre comitê Latino-americano du Social Science Research Council Académie Brésilienne des Lettres
Elisa Reis Coordinatrice du secteur des sciences sociales de la FAPERJ

– Fait partie de nombreux comités éditoriaux de revues scientifiques

-Membre de la Comissão Permanante de Estudos avançados (COPEA) à l’UFRJ

  -Membre comité assessor de la CNPq

-Membre du Conselho délibératif du CNPq

 Membre Academy of Science for the Developing World (TWAS). Académie Brésilienne des Sciences
Vilmar Faria -Prof. IUEPRJ

-Prof. DCP/UNICAMP

-Président CEBRAP

Co-fondateur de l’ANPOCS

Président de l’ANPOCS (1989-90)

– Ass. Cabinet présid . de la République

– Directeur FUNDAP

– Articulateur projet Alvorada (Comunidade Solidária e Bolsa Escola) de lutte contre la pauvreté

Secrétaire du Comitê Latino-Americano du Social Science Research Council  

*FINEP – Financiadora de Estudos e Projetos, créée par le gouvernement fédéral en1967 (pendant le régime

militaire) dans le but de fi nancer des projets d’innovation scientifi que et technologique dans les entreprises, les

centres de recherche, le gouvernement, etc.

* IBGE – Instituto Brasileiro de Geografi a e Estatística. Homologue de l’ INSEE, mais aussi responsable de la

cartographie.

*CNPq – Conselho Nacional de Desenvolvimento Científi co e Tecnológico (CNPq). Organisme d’appui à la

recherche scientifi que et technologique et à la formation de ressources humaines pour la recherche.

*FAPESP – Fundação de Amparo à Pesquisa do Estado de Sao Paulo, créée en 1962.

 

 

 

 

 

 

[1] Ce travail fait partie d’une recherche plus vaste résultant de deux projets thématiques conduits par la même équipe de chercheurs liés à des universités brésiliennes, françaises et argentines. Le premier thématique a été patronne par l’un des accords Brésil/France – CAPES/COFECUB – et a enquêté sur les itinéraires intellectuels des étudiants brésiliens qui se sont dirigés à l’étranger en quête de formation doctorale. Le deuxième a été financé par la  Fondation d’aide à la recherche de São Paulo – FAPESP – et qui a abouti à une meilleure identification des ressources sociales employées par ceux qui vont étudier à l’étranger et des voies internationales empruntées pour rentabiliser le diplôme obtenu et pour s’insérer dans les transformations en cours dans le domaine du pouvoir à l’échelle globalisée. Cette présentation n’est qu’une partie des résultats des deux projets.

 

[2]   Résumé des thèmes du rapport:

1- renforcement et entraînement d’élites destinées aux cadres supérieurs nationaux et internationaux, en spécial dans les régions sous-développées du monde(Gaither, 1949:52-61);

2- renforcement de la démocratie, par l’alignement de la recherche sur le terrain, voire de l’activité académique dans son ensemble, avec le travail d’information et la militance politique démocratique (GAITHER, 1949: 62-69);

3- renforcement de l’économie, par le support au développement, dissémination, popularisation et effective incorporation, par les formulateurs politiques, le patronat et les syndicats, de la nouvelle théorie économique (GAITHER, 1949: 70-78);

4- éducation dans la société démocratique, soutient ou collaboration dans les activités qui concernent la formation des leaderships, dans le but de former du personnel qualifié pour répondre aux besoins croissants des niveaux exécutif et technique du gouvernement et du système d’enseignement  (GAITHER, 1949: 79-89);

5- Soutient au développement des connaissances relatives au comportement humain et encouragement à son incorporation par les sphères de gouvernement et le monde des affaires  (GAITHER, 1949: 90-99);

 

[3] Instaurée dans le cadre du Ministère des Finances et composée par des techniciens brésiliens et nord-américains, la Commission  Mixte Brésil/Etats-Unis pour le développement économique faisait partie du plan nord-américain de le support technique pour l’Amérique Latine, contenu dans le Point IV du programme qui a guidé la politique étrangère des Etats-Unis après la II Guerre Mondiale. Le but était de “promouvoir le développement économique du Brésil, ayant en vue, particulièrement, la formulation de plans d’investissement destinés à surmonter les difficultés en transport et énergie”. Quarante et un projets minutieux ont été élaborés. En outre, la Commission a préparé un Rapport Général où sont examinés les transcendances a long terme de l’économie brésilienne. Le Rapport peut être consulté en ligne sur: : <http://www.centrocelsofurtado.org.br/arquivos/image/201109231638540.MD2_0_277_1.pdf

[4] Disponible: <http://web.face.ufmg.br/face/portal/institucional/face/historico.html&gt;

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